Fraülein France - Romain Sardou

 

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4e de couverture :

«  Fal­lait pas les lais­ser entrer  ! » Arletty

Septembre 1940. Après la débâ­cle, l’Occupation com­mence.

A Paris, les Allemands pro­fi­tent de tous les plai­sirs. Au Sphinx, la célè­bre maison close, l’arri­vée d’une nou­velle pen­sion­naire fait sen­sa­tion. Mademoiselle France est d’une beauté trou­blante. Elle ne « monte » qu’avec le gratin de l’armée alle­mande.

Que cache-t-elle der­rière son appa­rente froi­deur  ? Rien de ce qu’elle fait ou dit n’est laissé au hasard.

Fräulein France a sa propre guerre à mener…

Romain Sardou revient avec un roman his­to­ri­que sans conces­sion, magis­tra­le­ment cons­truit. Il y incarne les com­pro­mis­sions d’une frange de la haute société pari­sienne, mais aussi les erran­ces d’une époque et l’héroïsme qui en est né

 

 

 

 

 

Quelques passages qui m'ont particulièrement touchés. 

Page 117

<<France et Alphonsine quittaient le grand foyer pour rejoindre leur loge. Ce fut en haut des marches que la putain et l’aristocrate s’aperçurent.
La première détourna le regard, alors que la seconde se figea.
Elles portaient la même robe.
L’une avait au poignet la montre en or de von Sachs, l’autre, les boutons d’oreilles offerts par Grimm.
L’une était blonde et l’autre avait les cheveux noirs.
Hors ça, on eût dit des répliques.>>

page 215

<<Mon enfant, tu n’as pas idée de l’ignominie et de la fausseté du monde dans lequel tu vas mettre les pieds. Il te faut oublier tout ce que tu as appris. Les hitlériens sont des fanatiques. Des années durant, on a cherché à ne pas interrompre le dialogue avec le chancelier du Reich, dans l’espoir que la diplomatie aiderait la raison à triompher et que des pourparlers sauveraient la paix en Europe. Beau triomphe, en effet ! Et “pour-parler”, voilà bien un mot qui ne dit que ce qu’il est. La démocratie finit toujours par endosser le mauvais rôle quand elle croit qu’elle peut, indéfiniment, faire valoir ses droits moraux sans se salir les mains. L’Allemagne a rasé de fond en comble la ville de Rotterdam en mai 1940 ? soulevé l’indignation universelle des humanistes ? Soit. Mais que l’Allemagne attende. Nous sommes en 1940. Son tour viendra. Les bons humanistes, qui s’insurgent aujourd’hui, raseront un autre jour, à leur tour, Berlin, Munich, Dusseldorf, Leipzig, jusqu’à la dernière parcelle du Reich, s’il le faut ! On ne dialogue pas avec des fanatiques, on ne prône pas le compromis ni le souci de la paix ou du plus grand nombre avec des hommes qui n’entendent que le langage de la force, et qui le revendiquent. Au lieu de cela, pardonne-moi l’expression : on leur fracasse le crâne ! Il est un moment où, pour se sauver, la démocratie elle-même n’a plus d’autre choix que d’user des armes de la dictature.>>

 

 

Mes étoiles 5 - mon coup de coeur du moment.

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